Actualités européennes - Mars 2026

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Actualités européennes - Mars 2026

Crédit photographique : via canva

Chaque mois, l'EUROPE DIRECT Bordeaux-Gironde et l'EUROPE DIRECT Poitiers Vienne/Deux-Sèvres te proposent un tour d’horizon de l’actualité européenne pour mieux comprendre les grands enjeux politiques, économiques et internationaux qui concernent l’Union européenne.

Voici les principaux événements et dossiers à retenir pour ce mois de février 2026 : 

Les relations entre l’Union européenne et l’Iran sont aujourd’hui particulièrement tendues, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de forte instabilité politique à Téhéran.

Puissance régionale majeure avec près de 90 millions d’habitants et d’immenses réserves de pétrole et de gaz, l’Iran reste pourtant un partenaire économique très limité pour l’Europe. Les échanges représentent à peine 0,1 % du commerce extérieur de l’Union européenne, notamment en raison des sanctions liées au programme nucléaire iranien et aux violations des droits humains.

Depuis plus d’une décennie, le principal point de friction reste justement ce programme nucléaire. L’accord international signé en 2015 devait limiter les activités nucléaires de Téhéran en échange d’une levée progressive des sanctions. Mais après le retrait des États-Unis en 2018, l’accord s’est progressivement effondré. Depuis, les négociations stagnent et l’Union européenne maintient une pression diplomatique et économique sur le régime iranien.

Les tensions se sont encore aggravées ces dernières années : répression violente de manifestations en Iran, soutien militaire à la Russie dans la guerre en Ukraine, ou encore attaques de missiles et de drones contre Israël. En 2026, l’Union européenne est même allée plus loin en inscrivant les Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes.

La situation a basculé fin février 2026 avec des frappes israélo-américaines contre l’Iran, suivies d’une riposte iranienne et de la mort du guide suprême Ali Khamenei. L’Union européenne appelle désormais à éviter une escalade régionale, tout en tentant de maintenir une voie diplomatique.

Mais cette guerre pourrait aussi avoir des conséquences économiques importantes pour l’Europe. L’Iran menace de bloquer le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite environ un tiers du pétrole transporté par mer et plus de 10 % du commerce maritime mondial.

Résultat : les marchés énergétiques s’inquiètent déjà. Depuis le début des frappes, le prix du gaz en Europe a fortement augmenté et celui du pétrole progresse également.

Si le conflit se prolonge, l’Europe pourrait aussi entrer en concurrence avec l’Asie pour l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, notamment en provenance des États-Unis.

Les dirigeants européens redoutent donc un scénario bien connu : un nouveau choc énergétique qui ferait remonter l’inflation et freiner la croissance économique. Tout dépendra désormais d’un facteur clé : la durée et l’intensité du conflit.

Une nouvelle page politique s’est ouverte au Portugal. Le socialiste António José Seguro a officiellement pris ses fonctions de président de la République le 9 mars 2026. À 63 ans, il succède à Marcelo Rebelo de Sousa, qui a quitté le pouvoir après deux mandats à la tête de l’État.

Son élection fait suite à un scrutin particulièrement inédit. Pour la première fois depuis 1986, la présidentielle portugaise s’est jouée en deux tours. Lors du premier tour, en janvier, aucun candidat n’avait dépassé la barre des 50 %, avec une participation record de 53 %. Le second tour a opposé António José Seguro au leader de l’extrême droite André Ventura, chef du parti Chega.

Finalement, le candidat socialiste l’a largement emporté avec près de 67 % des voix. Ancien secrétaire général du Parti socialiste et eurodéputé pendant plus de vingt ans, il avait fait son retour sur la scène politique après une décennie de retrait, en se présentant comme un candidat indépendant et rassembleur.

Face à lui, André Ventura incarnait la percée de l’extrême droite au Portugal. Son parti Chega, fondé
en 2019, est devenu en quelques années la deuxième force parlementaire du pays, surfant sur les
inquiétudes liées au coût de la vie, aux salaires jugés trop faibles et aux tensions autour de
l’immigration.

Lors de son investiture à Lisbonne, António José Seguro, a affirmé vouloir être « le président de tous
les Portugais ».

Au Portugal, le président joue un rôle d’arbitre politique. Dans ce régime semi-présidentiel, le pouvoir exécutif est surtout exercé par le Premier ministre. Mais le chef de l’État peut dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées en cas de crise.

Un pouvoir qui pourrait s’avérer important dans un pays politiquement fragmenté. Le gouvernement de droite du Premier ministre Luís Montenegro est en effet minoritaire au Parlement, tandis que l’extrême droite progresse dans le paysage politique portugais.

Le pays est également confronté à des défis sociaux importants : malgré une croissance économique relativement solide, le pouvoir d’achat de nombreux Portugais stagne tandis que le coût du logement augmente fortement.

Dans ce contexte, António José Seguro devra tenter de maintenir l’équilibre politique et d’incarner une figure de stabilité pour le pays.

Après une pause de plus de onze ans, l’Islande pourrait rouvrir le dossier de son adhésion à l’Union européenne. Le gouvernement islandais prévoit d’organiser un référendum le 29 août 2026, afin que les citoyens se prononcent sur la reprise des négociations avec Bruxelles.

Ce référendum ne garantit pas une adhésion immédiate : il s’agit d’abord de décider si le pays souhaite reprendre les discussions. Si le « oui » l’emporte, un second vote pourrait ensuite valider, ou non, un accord final d’adhésion.

L’Islande avait déjà entamé ce processus en 2009, après la crise financière de 2008. Les négociations officielles avaient débuté en 2010 et progressé rapidement : 27 chapitres sur 35 avaient été ouverts, dont 11 clos avant la suspension en 2013 et le retrait de la candidature en 2015. Le principal point de blocage restait l’industrie de la pêche, cruciale pour l’économie islandaise, mais le Brexit pourrait faciliter ces discussions aujourd’hui.

Aujourd’hui, plusieurs facteurs ont accéléré le projet. La Première ministre Kristrún Frostadóttir a annoncé le référendum quelques mois seulement après que l’idée avait été envisagée pour 2027. Les tensions géopolitiques, notamment les déclarations américaines concernant le Groenland et l’absence d’armée islandaise, ont renforcé le sentiment qu’une adhésion à l’UE pourrait offrir davantage de garanties de sécurité et un cadre de coopération plus solide avec l’Europe.

Le pays reste cependant divisé. Selon les sondages, environ 44 à 57 % des Islandais se disent favorables à la reprise des négociations, tandis qu’environ un tiers y est opposé. L’Islande bénéficie déjà d’une intégration partielle à l’UE : marché unique, espace Schengen et Association européenne de libre-échange. Une adhésion complète pourrait donc être plus rapide que pour d’autres pays candidats.

Le gouvernement islandais a désormais la responsabilité d’organiser ce vote dans les mois à venir. Pour Reykjavik, ce référendum représente un choix stratégique entre souveraineté et sécurité, dans un contexte européen et mondial en pleine mutation.

L’Union européenne se retrouve confrontée à une crise du logement sans précédent. Près d’un Européen sur dix consacre aujourd’hui plus de 40 % de ses revenus à son logement, et les jeunes sont particulièrement touchés. Dans certaines villes, les loyers ont augmenté de 60 % sur dix ans, et les prix de l’immobilier de 78 %. La précarité énergétique et le sans-abrisme accentuent encore ce défi social.

Face à cette situation, Bruxelles multiplie les initiatives. Depuis 2024, un commissaire européen est dédié au logement et à l’énergie, et le 16 décembre 2025, la Commission a présenté son plan pour un logement abordable, combinant financement, réformes législatives et innovations durables. Le plan prévoit notamment la rénovation énergétique des bâtiments, le soutien aux logements sociaux et abordables, et l’encadrement des locations de courte durée dans les zones sous tension.

Des instruments financiers massifs sont mobilisés. La Banque européenne d’investissement et la Caisse des Dépôts en France soutiennent construction et rénovation, avec des prêts et conseils pour les collectivités locales et les bailleurs sociaux. L’objectif : garantir des logements accessibles, durables et adaptés aux besoins des citoyens.

Le Parlement européen suit également de près le dossier. Il a créé une commission spéciale sur la crise du logement et propose des réformes pour étendre les aides d’État, soutenir les primo-accédants et réguler les locations touristiques. Ces mesures visent à concilier transition écologique, solidarité et cohésion sociale.

Alors que le logement devient un révélateur de l’équité et du projet européen, l’UE entend montrer qu’elle peut transformer ses ambitions en réalité concrète pour les habitants, en particulier pour les jeunes générations.

En mars 2026, les Français ont voté les 15 et 22 pour les élections municipales, et l’Union européenne s’est révélée un acteur discret mais bien réel de la vie locale. Peu visible pour le citoyen, elle a pourtant influencé des domaines essentiels : logement, mobilité, culture, environnement ou insertion sociale.

Depuis 1993, le traité de Maastricht permet aux citoyens européens résidant en France de voter et d’être élus aux municipales. Lors de ce scrutin, plus de 2 400 élus européens ont siégé dans les conseils locaux, principalement des Belges, Portugais ou Néerlandais. Un symbole fort de participation citoyenne directe à l’échelle européenne.

Au-delà des urnes, l’Europe a rayonné à travers les jumelages et les labels. Près de 15 000 collectivités européennes étaient concernées, et de petites villes comme Cissé dans la Vienne étaient jumelées avec une commune de chaque État membre. Les prix européens, qu’il s’agisse de capitale verte ou de capitale de la culture, ont valorisé les initiatives locales et renforcé les liens culturels et économiques entre villes.

L’UE a également été un partenaire financier majeur. En France, 16,8 milliards d’euros ont été mobilisés entre 2021 et 2027 pour des projets locaux via le FEDER ou le FSE+, finançant par exemple rénovation énergétique, pistes cyclables ou dispositifs sociaux. Les programmes FEADER, Interreg ou URBACT ont complété ce dispositif, permettant aux communes rurales ou urbaines de moderniser leurs infrastructures et de renforcer leur cohésion sociale.

Enfin, les communes françaises ont tenté de peser sur les décisions européennes. À travers le Comité européen des régions ou des réseaux comme le CCRE et Eurocities, elles ont adapté la législation européenne aux réalités locales et maximisé leurs retombées économiques et culturelles. Certaines grandes métropoles ont même ouvert des bureaux à Bruxelles pour être au plus près des appels à projets et partenariats européens.

Lors de ces municipales, l’Europe n’a pas été seulement à Bruxelles : elle a été présente dans les villes et villages français, façonnant au quotidien la vie locale et offrant aux élus et aux citoyens des outils concrets pour agir sur leur territoire.

 

Article mis à jour le 23/03/2026