Actualités européennes - Janvier 2026
Crédit photographique : canva
Chaque mois, l'EUROPE DIRECT Bordeaux-Gironde et l'EUROPE DIRECT Poitiers Vienne/Deux-Sèvres te proposent un tour d’horizon de l’actualité européenne pour mieux comprendre les grands enjeux politiques, économiques et internationaux qui concernent l’Union européenne.
Voici les principaux événements et dossiers à retenir pour ce mois de janvier 2026 :
Le premier semestre 2026 s’annonce chargé pour l’Union européenne, entre enjeux diplomatiques, élections et dossiers économiques majeurs.
Depuis le 1er janvier, Chypre assure la présidence du Conseil de l’UE et met l’accent sur la sécurité et la défense, le soutien à l’Ukraine, l’autonomie économique et énergétique, la gestion des migrations et le renforcement du rôle international de l’Union.
Sur le plan international, la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année et les discussions se poursuivent autour d’un plan de paix et d’une éventuelle force européenne de maintien du cessez-le-feu. Le dixième anniversaire du Brexit pourrait aussi ouvrir la voie à un rapprochement entre l’UE et le Royaume-Uni, notamment autour du programme Erasmus+ et de nouveaux accords commerciaux et énergétiques. Les tensions géopolitiques restent fortes, notamment avec la présidence américaine de Donald Trump.
Plusieurs élections marqueront également cette période : présidentielle au Portugal en janvier, législatives en Hongrie en avril avec Viktor Orbán candidat à sa réélection, et élections municipales en France en mars.
Enfin, l’UE pourrait signer l’accord commercial avec le Mercosur, créant un vaste marché de plus de 720 millions de consommateurs, malgré des critiques notamment dans le secteur agricole. La présidence chypriote devra aussi avancer sur le budget européen et les politiques d’innovation, dont le futur European Innovation Act.
Alors que des manifestations se poursuivent en Iran, déclenchées fin décembre 2025 après la mort de Mahsa Amini, et dans un contexte de répression violente, l’Union européenne renforce sa pression sur le régime. Entre sanctions économiques, blocage des échanges et tensions nucléaires, Bruxelles affiche une fermeté inédite.
Avec ses 86 millions d’habitants et ses importantes ressources pétrolières et gazières, l’Iran est une puissance régionale majeure au Moyen-Orient. Pourtant, ses relations avec l’Europe restent limitées, notamment en raison de la répression politique et sociale dans le pays et de son programme nucléaire controversé.
L’UE a progressivement renforcé les sanctions contre l’Iran : gels d’avoirs, interdictions de voyage et restrictions sur certains équipements. Ces mesures visent à répondre à la répression interne, aux violations des droits humains et aux inquiétudes liées au nucléaire. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé de nouvelles sanctions ciblées après la dernière vague de répression. De son côté, le Parlement européen a interdit l’accès de ses locaux aux représentants iraniens.
Le programme nucléaire reste au cœur des tensions. L’accord signé en 2015, le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPoA), avait été un succès diplomatique pour l’UE. Mais le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 et les sanctions qui ont suivi ont fragilisé cet équilibre.
Malgré la tentative européenne de maintenir un mécanisme d’échanges commerciaux, le dispositif INSTEX, l’Iran reste largement isolé sur le plan économique et se tourne davantage vers la Chine, la Russie ou encore la Turquie.
Aujourd’hui, les échanges commerciaux entre l’Iran et l’UE restent très limités : environ 4,5 milliards d’euros par an, soit seulement 0,1 % du commerce extérieur européen. L’Union européenne conserve toutefois une balance commerciale excédentaire.
Dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, marqué notamment par la guerre entre l’Iran et Israël en 2025 et les pressions américaines, l’Union européenne tente de maintenir une diplomatie fondée sur le droit et les normes internationales. Mais son influence reste limitée par les rapports de force mondiaux.
Les prochains mois seront donc déterminants pour la stabilité régionale et pour la capacité de l’Europe à peser sur les décisions de Téhéran.
La limitation de l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs fait débat en Europe. En France et au Danemark, certains responsables souhaitent interdire ces plateformes aux moins de 15 ans afin de protéger les enfants du cyberharcèlement, des contenus inappropriés et des effets des écrans sur la santé mentale. Selon la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, l’âge moyen d’inscription à un réseau social est aujourd’hui d’environ 8 ans et demi.
Au niveau européen, le Parlement européen a proposé un âge minimum de 16 ans, avec une possibilité d’accès dès 13 ans avec consentement parental. Plusieurs pays, dont la France, le Danemark, la Grèce, l’Espagne et l’Irlande, soutiennent des règles plus strictes, mais les États membres restent divisés.
La principale difficulté reste technique : vérifier l’âge des utilisateurs. La Commission européenne teste une application de vérification de l’âge respectant la vie privée, qui pourrait être lancée en 2026 avant l’arrivée du portefeuille d’identité numérique européen. L’enjeu est donc d’harmoniser les règles à l’échelle de l’UE tout en obligeant les plateformes à mieux protéger les jeunes.
Le Royaume-Uni rejoindra de nouveau le programme Erasmus+ à partir de 2027, six ans après son départ lié au Brexit. Cette réintégration permettra aux étudiants britanniques et européens de reprendre les échanges universitaires, les stages et les mobilités dans l’enseignement supérieur.
Cette décision s’inscrit dans une volonté de relancer les relations entre l’Union européenne et Londres, portée par le Premier ministre Keir Starmer. Le Royaume-Uni bénéficiera d’une réduction d’environ 30 % de sa contribution financière. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué cette avancée pour les jeunes.
Ce rapprochement dépasse le seul programme Erasmus+, avec d’autres coopérations annoncées, notamment sur le marché de l’électricité, les quotas d’émissions de carbone et les échanges agroalimentaires. Un signe d’un rapprochement pragmatique entre Londres et Bruxelles.
Donald Trump a relancé l’idée d’un contrôle américain sur le Groenland, affirmant que les États-Unis en auraient besoin pour leur sécurité nationale. Cette déclaration inquiète le Danemark, auquel le Groenland est rattaché, ainsi que plusieurs capitales européennes.
Le territoire, stratégique dans l’Arctique et riche en ressources naturelles, est protégé à la fois par le Danemark et par l’OTAN. Les autorités groenlandaises et danoises ont clairement affirmé que le territoire n’était pas à vendre. La Première ministre danoise Mette Frederiksen rappelle également que toute agression pourrait théoriquement déclencher les mécanismes de défense collective de l’OTAN ou l’assistance mutuelle prévue par l’UE.
En pratique, une confrontation directe reste très improbable, car invoquer ces mécanismes contre les États-Unis serait politiquement explosif pour l’Alliance. L’Europe privilégie donc une approche diplomatique prudente tout en renforçant la sécurité dans l’Arctique. Cette polémique souligne les tensions géopolitiques croissantes autour de cette région stratégique.